FRICS

Création

Le Fonds Rural d’Investissement et de Crédit Rural FRICS, est la première Société Financière de Développement haïtienne (SFD) dédiée presqu’exclusivement au financement rural. Elle a pris naissance au sein du KNFP comme un département financier en Mai 2009 et s’est transformée le 9 juin 2011 en une Société Anonyme (SA) avec des actionnaires issus des différents partenaires du KNFP :

7 Institutions de Micro finance membres du KNFP

1 association des caisses populaires

6 Organisations non Gouvernementales locales

1 partenaire financier

11 organisations paysannes

14 entrepreneurs et individus.

Justification de la création du FRICS par le KNFP

En dépit de certaines  initiatives des secteurs publics et privés, la faiblesse du financement rural reste aujourd’hui extrêmement préoccupante. Ces dernières années, les crises et les catastrophes naturelles qu’a connues le pays l’ont fragilisé davantage et entraîné le milieu rural dans une spirale de décapitalisation et d’appauvrissement avec des conséquences néfastes pour l’environnement.

Conscient de la complexité des problèmes du monde rural et le niveau de dégradation atteint tant dans les conditions de vie qu’au niveau de l’environnement, le KNFP croit que toutes les forces vives du pays doivent être associées à la construction d’un nouvel outil de financement rural. Sur la base de cette complexité, l’organisation estime qu’on ne peut prétendre à quelque résultat que ce soit sans combiner des actions de financement à des actions de formation, de recherche et d’une manière générale à des actions d’accompagnement.

Sur la base de cette analyse, pour garantir la réussite dans les actions, deux (2) types de structures complémentaires s’avèrent nécessaires :à savoir : a) des structures pour le développement (formation, recherche, accompagnement, production d’études de faisabilité, etc) et b) des structures de financement présentant des outils financiers adaptés aux conditions spécifiques du milieu rural et prenant en compte les expériences du passé telles que les contraintes de coût versus les activités des ruraux, la connaissance du milieu,  l’adaptabilité de l’outil financement et la proximité avec le terrain.

C’est dans cette logique de recherche de synergie pour mieux répondre à la complexité des problèmes du monde rural et créer les conditions pour aider les acteurs du milieu rural à mieux exploiter les potentialités économiques de leur environnement qu’en complémentarité aux activités de développement du Konsey Nasyonal Finansman Popilè (KNFP) est venue l’initiative de mettre en place l’outil financement qui est le Fonds Rural d’Investissement et de Crédit Solidaire (FRICS).

Vision, Objectifs et Principes du fonds

Vision du FRICS

La vision du FRICS est doter le milieu rural d’un outil financier de proximité qui prend en compte toutes les spécificités propres au monde rural.

Les objectifs du FRICS

  Le FRICS poursuit 3 objectifs:

1.   Financer et accompagner des projets qui valorisent les produits des ruraux et permettre à ceux-ci d’améliorer leur condition de vie ;

2.   Faciliter la formation et la création d’emploi digne pour les jeunes avec une attention soutenue pour les femmes en termes d’ouverture sur des métiers non conventionnels ;

3.     Encourager toutes interventions ayant un impact positif sur l’environnement.

Ces trois objectifs déterminent les orientations du financement et d’accompagnement à mettre en place.


Les objectifs spécifiques du FRICS

1.   Mettre en place une Société Financière de Développement (SFD) pérenne et durable destinée à financer prioritairement les opportunités du monde rural ;

2.   Créer les conditions pour le financement durable des entreprises rurales ;

3.   Accompagner les entrepreneurs du monde rural pour la réussite de leur projet;

4.   Accompagner les jeunes dans la création d’entreprises viables et ce, avec une attention particulière pour les femmes.


Les principes du FRICS

La création du FRICS est guidée par un ensemble de principes qui constituent son credo dont les principaux sont :

1.    La création d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes, est un axe stratégique important. L’emploi doit être créé aussi bien dans les secteurs agricoles et agroalimentaires que dans les secteurs non agricoles ;

2.       Vu l’état du monde rural ce n’est pas en empruntant aux pratiques bancaires habituelles ni à la micro finance que les réponses aux problèmes seront trouvées. Il faut innover  en construisant une approche qui fait à la fois recours à l’engagement, à la connaissance du terrain (humaine, agronomique, sociale), à la rigueur de gestion. Tout système de financement rural doit être intuitif et souple tout en assurant sa rentabilité.

3.      On ne bâtit pas un nouveau système de financement rural avec des acteurs (Institution de Finance Populaire ou IFIP, associations paysannes, muso/bc, entrepreneurs privés) non fiables et qui ne partagent pas les principes, valeurs et vision des promoteurs du système de financement rural.

4.      Le financementdoit être un outil de proximité pour les ruraux (diminuer les charges indirectes liées au crédit comme les frais de déplacement). A ce titre, les IFIP jouent un rôle clef dans tout mécanisme de financement rural.

5.       On ne peut tout faire, tout de suite et partout. La mise en place d’un système de financement rural se fera par département, avec une sélection en fonction de la qualité des acteurs locaux (IFIP, MUSO/BC, collectivités locales), des potentialités de la région et des ressources financières complémentaires qui peuvent y être trouvées.

6.       L’amélioration des revenus des ruraux peut aussi passer par la création d’entreprises urbaines. Le mécanisme de financement rural n’hésitera pas à créer des entreprises en ville pour autant qu’elles servent directement ou indirectement les intérêts des ruraux, sans conduire ceux-ci à émigrer vers les villes.

7.        Le financement doit se faire sur le long terme afin de rendre l’investissement accessible aux ruraux. Il doit en outre, nécessairement et structurellement, être accompagné de subventions offertes par l’Etat qui manifestera ainsi son souci de restaurer l’environnement rural.

8.            Les conditions du financementdoivent être compatibles avec la rentabilité des activités financées ; le financement sur le long terme ne supporte pas des taux élevés.

9.            La durée des financements doit être souple et s’adapter aux aléas climatiques et aux fluctuations des prix des produits ; le système de financement rural doit prendre garde de ne pas créer ses propres impayés en tenant compte de la réalité de la production rurale. Les remboursements doivent se faire au moment ou  la vente de la production est au meilleur prix.

10.        En définitive, toute politique de financement rural doit être élaborée en prenant en compte la personne humaine, la famille, l’entreprise dans la globalité de ses activités. Le financement rural doit s’adapter aux réalités du milieu,  s’éloigner de l’approche bancaire par « produit » ou « type de crédit ».


Les organes du FRICS

L’Assemblée générale

Conformément à la loi, l’assemblée générale est l’organe suprême du FRICS. Composée des actionnaires, elle se réunira une fois par année. L’assemblée générale est organisée en collèges. Les collèges sont les suivants :

1.      Le KNFP et ses membres ;

2.      Les organisations paysannes ;

3.      Les accompagnateurs du développement ;

4.      Les entreprises sociales ;

5.      Les partenaires internationaux ;

6.      Les investisseurs individuels ou autres personnes morales.


Le conseil d’Administration

La gestion courante est assurée par un conseil d'administration de 7 membres : un par collège sauf le collège du KNFP qui est représenté par deux membres : un représentant du KNFP qui est le porteur du dossier du FRICS et l’accompagnateur des entreprises financées et un représentant d’IFIP membre du KNFP.

Le personnel du FONDS  

Suivant l’organigramme présentant la structure de fonctionnement du FRICS, on retrouve : :

La direction exécutive qui est l’organe qui s’occupe de la gestion quotidienne des activités du FRICS. Les membres de la direction rendent compte de leur gestion au conseil  d’administration. Elle est composée de:

Un Directeur exécutif : il est responsable de la gestion du FRICS. Il a sous sa responsabilité l’ensemble du personnel du FRICS. Il rend compte de sa gestion au conseil d’administration.

Une Direction administrative et financière. Elle travaille directement sous la direction du titulaire. Elle est responsable de l’administration et de la finance du FRICS.

Un Directeur de crédit : il gère le portefeuille de crédit.

Agent de crédit. il participe à la gestion du portefeuille de crédit. Il assure le suivi du crédit.

Le personnel sera appuyé par des consultants au besoin. Un expert comptable indépendant procèdera annuellement à la réalisation de l’audit du FRICS.

De 2013 à date, le FRICS est entré dans sa phase de développement. Le portefeuille de crédit au 31 août est treize (13) millions de gourdes dont un PAR de plus de 30 jours de 11% du à un retard enregistré pour un crédit d’environ 1.5 million de gourdes fait à un groupe de femmes dans le cadre d’un projet avec ONUFEMMES en vue de l’autonomie financière des femmes victimes de la violence liée au genre. Un tableau annexé à la présente donne les détails du portefeuille de crédit au 31 juillet 2014.

Soulignons que la principale limite au développement du crédit est la mobilisation de capitaux. Cette limitation est aussi liée à la conjoncture post désastre où il y a de moins en moins de focus sur Haïti. Les difficultés sont aussi en relation avec la conjoncture financière qui prévaut au niveau mondial.   

Sources de financement

Le FRICS compte sur les dotations en capital sous forme de dons, de subvention ou d’accord de gestion avec certains partenaires qui veulent appuyer le monde rural. Pour commencer ses activités, il a eu la subvention d’OXFAM GB, de la Coopération espagnole et du projet HIFIVE de USAID.

Pour assurer sa crédibilité, son indépendance et pour avoir des ressources financières substantielles, il a lancé un appel à l’actionnariat populaire, sur base d’actions de faibles montants pour ne pas écarter des haïtiens aux ressources limitées. Le montant de l’action est fixé à 2000 gourdes.

Dès l’annonce officielle du FRICS, un compte bloqué de SFD en formation est ouvert à la BNC. Les souscripteurs potentiels sont invités à déposer l’argent sur ce compte. L’argent ne pourra y être retiré que par transfert au capital de la société financière de développement.

Le montant minimum de capital de départ est de 5 millions de gourdes. Pour constituer son capital de départ. Une fois le statut de SFD obtenu, le FRICS compte faire appel à des apports en capital auprès de :

1.      La diaspora ;

2.      les entrepreneurs privés ;

3.      les bailleurs de fonds étrangers (Banque Mondiale, BID, FAO, FIDA, Union européenne, coopérations bilatérales…) ;

4.      l’Etat haïtien ;

5.      les OSI (Organisations de Solidarité  Internationales);

Type de financement

En théorie, le FONDS finance TOUTES les activités économiques du milieu rural qu’elles soient agricoles ou non agricoles. Toutefois, il tiendra compte  des débouchés pour les produits, de leur commercialisation pour en inciter la production et permettre des profits.

En pratique et puisque les ressources sont limitées, des priorités devront être données en fonction de :

1.      la politique agricole de l’Etat ;

2.      la recherche d’effets de leviers dans une région donnée ;

3.      le volume d’emplois créés, notamment parmi les jeunes et les femmes ;

4.      la maîtrise de l’investissement par le promoteur ;

5.      l’existence d’une dynamique de développement local existant en un lieu donné et devant être renforcée.

Il accordera aussi la priorité aux fondamentaux du développement rural : l’eau et l’énergie

En ces temps de dérèglement climatique, les paysans auront du mal à augmenter leurs productions et leurs revenus sans une maîtrise de l’eau. Soutenir la construction de puits collectifs, aménager des sources, financer la micro irrigation sera aussi une priorité du FRICS.

Pour transformer les matières premières locales et réduire la dépense familiale en kérosène, l’énergie solaire est indispensable. Le FRICS accordera une priorité à ce secteur, notamment en finançant l’investissement de départ mais aussi la création d’ateliers solaires qui permettront de créer des installations aux normes dans les habitations.

Méthode de financement

Prise de participation. La prise de participation sera privilégiée quand le Fonds aura atteint un certain niveau de développement. Le FONDS deviendra actionnaire, généralement minoritaire, d’entreprises rurales. Eventuellement la prise de participation sera complétée d’un prêt sous forme d’acompte en compte courant d’associés (ACCA).

Crédit fonds de roulement. Les crédits fonds de roulement varient en fonction de la rentabilité du secteur financé. 

Partenariat avec les IFIP. Afin d’éviter une concurrence entre les IFIP et le FRICS, ce dernier assurera tous les crédits d’investissement à long terme et laissera une partie des crédits fonds de roulement aux IFIP jusqu’à leur montant maximal de plafond individuel autorisé.

Zone d’intervention

L’approche sera progressive. Une action sera entreprise dans un département puis dans un autre. Les quatre départements du Grand Nord (Nord, Nord-Ouest, Nord-Est, Artibonite) auront la priorité au départ, mais cette liste n’est pas limitative. Le FONDS pourra rechercher si nécessaire des partenariats avec des initiatives régionales en cours.

Mais avant tout le KNFP s’inscrit dans une logique de développement local. LE FRICS ne déterminera pas ses zones d’intervention, d’abord, en fonction de découpages administratifs mais en fonction de la qualité des acteurs et de leur capacité, dans une zone donnée, de se mobiliser ensemble pour construire le développement local. LE FRICS soutiendra la politique de développement initiée par le KNFP avec le concept de Makòn[1]. Là où des Makòn seront créés et  opérationnels, le FRICS les accompagnera en matière de financement de l’investissement.

Il sera toutefois possible d’investir dans la capitale ou les grandes villes pour soutenir une production régionale donnée (par exemple : magasins  pour commercialiser les produits des ruraux).



[1]Makòn réfère à un espace communal où les acteurs du financement populaire (organisations de producteurs et productrices, entrepreneurs-res, IFIP, Institutions d’accompagnement…) se rencontrent pour mieux se connaître  afin de développer des synergies pour offrir de meilleurs services .Une expérience pilote est en cours à Gros Morne dans le département de l’Artibonite.





sidi

CTA

Union européenne

Cordaid

OXFAM

CCFD- TERRE SOLIDAIRE

ANACAPH